second roman de Costes,
paru aux éditions Fayard.
ISBN : 32-2758-8
18 euros

NÉCESSAIRE !
Article écrit d'un seul jet, à la hussarde, sans relecture ni repentir, en hommage au fort Jean-Louis qui n'accepte pas d'être aimé, sans comprendre plus pourquoi il est haï.
J'ai ouvert "Grand-Père" après avoir vu quelques minutes d'une émission de TF1. La transition me fit comprendre combien Jean-Louis Costes était nécessaire.
Que valent les critiques après ce mot qui contient tout.
Dans Grand-Père, Jean-Louis Costes exhibe son aïeul comme un slip sale. C'est tout à fait lui. Sa fascination du déchet serait atavique. Ainsi commence la compréhension de ce roman.
Après, on suit où l'on ne suit pas.
À son avantage, Jean-Louis est dans son texte. Il l'incarne. Il avance en louvoyant, non dans un sens torve, mais avec la démarche mécanique et nécessaire du serpent, ou de tout autre animal qui, différemment, avancerait et reculerait, pour finalement avancer, pas tant que ça, et pourtant
La chair n'a que faire de l'histoire narrée. L'avancée existentielle repose sur un autre terrain.
Est-ce répétitif ? Qu'est-ce que la répétition, si, à l'instar d'Aristote, le temps est un fleuve qui avance sans arrêt.
L'eau n'est jamais la même et le patinage sur glace est obligatoirement passage constant dans une autre dimension.
Le désavantage de Costes, quel serait-il ?
Personnellement, j'ai décroché assez vite comme je ne peux voir ses films jusqu'au bout. Dans les films (Costes aux chiottes, I love snuff
.), l'insoutenable se partage à l'ennui.
Dans ce roman, c'est l'ennui qui prend le dessus.
Coup de poignard cruel par cette phrase ? Ses aficionados qui le défendent bec et ongles le prendront ainsi. Car Jean-Louis à son armée de fans comme Arnold Palmer, au golf, avait son Arny's Army qui le suivait de tournois en tournois.
L'écrivain qu'est devenu Jean-Louis, mais ce mot me gêne, trop réducteur
disons tout de même l'écrivain
doit se foutre de ma réserve. Sans lui, où ses rares pairs, la vie serait celle de la série "Le Prisonnier" pleine de couleurs et de mots creux, les bien-pensants stériliseraient la planète des crânes.
Je préfère son odeur de merde, ses défections, ses obsessions de sperme et de niquage.
Nécessaire, tel est l'être et ses créations.